Nicolas Deltour

Nicolas Deltour
Head of Investment Strategy

Le contexte macroéconomique s’est-il amélioré ces dernières semaines?


Oui! En dehors de l’épée de Damoclès du conflit israélo-palestinien, les perspectives tendent à s’améliorer.


Même le scénario de récession semble s’éloigner aux États-Unis. En effet, au cours des trois derniers trimestres, l’économie américaine a progressé en moyenne de plus de 2,3 % par trimestre (en base annuelle).


Justement, parlons de ces tensions au Moyen-Orient; quelles sont vos vues à ce sujet?


La clef réside dans l’évolution du conflit. Soit il reste local, soit il se propage.


Ce dernier scénario est bien sûr le pire puisque, en plus des terribles conséquences humaines supplémentaires qu’il entraînerait, cela pourrait également impliquer l’Iran, et déclencher un nouveau choc pétrolier en cascade.


Car dès lors qu'on parle de l'Iran, on évoque le détroit d’Ormuz, par où transite plus de 30% de la consommation mondiale de pétrole. Cela perturberait de nombreux secteurs de l’économie, avec probablement des répercussions sur la baisse de l’inflation. Et donc également sur l’assouplissement monétaire, qui est également très attendu par de nombreux acteurs.


Heureusement, ce scénario du pire ne semble pas correspondre aux attentes du marché, étant donné son évolution au milieu du mois d’octobre.


Quelles convictions maintenez-vous dans le contexte actuel?


Les tensions géopolitiques sont toujours porteuses de nervosité sur les marchés. Cependant, cela pourrait être temporaire, car, à l'exception du secteur pétrolier, les économies touchées sont peu liées au reste du monde en termes boursiers.


Nous pensons que les secteurs défensifs devraient mieux résister, ce qui renforce notre positionnement autour du thème de la Santé.


Quels secteurs ou thèmes pourraient être les plus touchés si le conflit se prolonge?


Les valeurs cycliques sont généralement les premières à être impactées par ce type de tension, en particulier, le secteur du tourisme et des loisirs. De nombreux sites touristiques mondiaux se trouvent en effet à proximité des zones concernées.


Ensuite, le bloc économique le plus proche et le plus exposé est naturellement l’Europe.


En cas de prolongation des tensions et d'apparition d’un nouveau choc énergétique, l’économie réelle de notre continent sera affectée.

Et qu'en est-il de l’impact sur l’inflation ou sur les taux d’intérêt?


Le prix du pétrole a augmenté lors du déclenchement du conflit, et avec lui les cours boursiers dans le secteur de l’énergie. Bien que l’extension du conflit ne soit pas le scenario principal, les craintes qui l’entourent sont suffisantes pour provoquer des fluctuations dans les coûts de l'énergie et du transport. Ce risque peut perturber les anticipations concernant la baisse de l’inflation, ainsi que le rythme de détente des taux directeurs.


Vos conclusions?


À ce stade, certaines conséquences pourraient ressembler à celles du conflit russo-ukrainien, mais avec une intensité plus faible. Cependant, à l'exception du secteur pétrolier, les économies les plus directement touchées sont relativement peu connectées au reste du monde. On peut s'attendre à une résilience des secteurs défensifs, une fuite vers la qualité, des perturbations dans les secteurs les plus cycliques à court terme, ainsi qu'une perturbation dans la baisse de l’inflation.


Il est important de souligner que tout conflit armé reste un drame, et nos pensées vont en priorité aux victimes, quel que soit leur camp.


Mais, aussi cynique que cela puisse paraître, les perturbations sur les marchés financiers devraient rester limitées tant que la guerre ne s’étend pas au reste de la région.



Ce document, rédigé et publié par Belfius, présente la vision de la banque sur les marchés financiers. Il ne constitue pas un conseil en investissement individuel ni une recommandation d'investissement ou une recherche indépendante en matière d’investissement. N’hésitez pas à contacter votre conseiller financier pour obtenir un conseil d'investissement personnalisé. Il ou elle se fera un plaisir d’étudier avec vous les éventuelles conséquences que cette vision peut avoir sur votre portefeuille d'investissement individuel. Les chiffres mentionnés dans ce document reflètent une situation à un moment donné et sont sujets à modification.